L’Agriculture au Cambodge

27/11/2020 by Benjamin
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Avant de commencer, voici quelques chiffres concernant l’agriculture au Cambodge :

  • L’agriculture représente 22% du PIB du Cambodge et emploie environ 3 millions de personnes.
  • Les exportations agricoles – le riz, le manioc, le maïs, le poivre, le café, la mangue fraîche et l’huile de palme brute – ont atteint 4,2 millions de tonnes en 2018.
  • Le commerce agricole entre les États-Unis et le Cambodge est d’environ 220 millions de dollars/an, un potentiel de croissance important. (Les exportations agricoles américaines vers le Cambodge ont augmenté de 422% entre 2010 et 2018)        
  • Le riz représente la moitié du PIB agricole du Cambodge. Le Cambodge est l’un des 10 premiers exportateurs de rizau monde. Il a exporté 620 000 tonnes en 2019.
  • Seulement 70% de la demande de légumes et de fruits du Cambodge sont produits localement; le reste est importé, principalement de Thaïlande et du Vietnam.
  • Des programmes comprenant « Feed the Future Harvest II » de l’USAID visent à stimuler la production commerciale de produits horticoles – notamment la mangue, la noix de cajou et le poivre.
  • CAST (Commercial Agricultural for Sustainable Trade) est un projet USDA Food for Progress conçu pour développer une industrie aquacole durable au Cambodge pour aider à répondre à la demande croissante de protéines d’origine animale et aquacole.
  • La demande de l’industrie aquacole du pays en protéines de soja devrait atteindre 100 000 tonnes par an d’ici 2030.

Lorsque je trouverai d’autres chiffes, principalement concernant l’échange entre la France et le Cambodge, je mettrais à jour les chiffres précédent.

agriculture cambodge

Pour obtenir une vue complète des productions rurales ce tableau doit être complété par les données sommaires ci-après résumant la situation dans les domaines de l’élevage, de l’exploitation forestière et de la pêche en eau douce, activités auxquelles les paysans khmers consacrent une grande partie de leur temps parallèlement à leurs travaux purement agricoles :

agriculture cambodge

Les progrès réalisés au cours des dernières années, déjà considérables, sont surtout riches de promesses pour l’avenir

Les nouvelles équipes dirigeantes du Cambodge indépendant ont multiplié sans cesse les initiatives et les impulsions pour faire sortir l’économie agricole de l’ornière où elle demeurait… Des résultats sont venus très vite apporter la preuve que le monde rural, encore figé dans l’immobilisme au terme du protectorat français, répondait à ces sollicitations et se mettait à « bouger ».

L’examen du tableau ci-dessus appelle à cet égard les commentaires suivants sur les aspects nouveaux de la production agricole :

1) Sur le plan structurel, on a assisté à une novation profonde dans l’hévéaculture qui, à côté des grandes concessions exploitées par les étrangers, a vu se développer depuis cinq années environ de nombreuses plantations « nationales » de tous types : plantations d’État, grandes plantations de caractère industriel, plantations familiales animées par des exploitants pourvus de moyens limités…

2) Le cultivateur khmer a remporté un grand succès dans la culture du coton.

3) La création de grandes plantations d’oléagineux constitue également un fait nouveau. Jusqu’en 1955, la culture du cocotier était restée au stade strictement familial et n’avait pour but que d’apporter un modeste appoint à la consommation intérieure. On assiste depuis quelques années au développement systématique par des exploitants khmers de nombreuses cocoteraies dont certaines couvrent déjà plusieurs centaines d’hectares. Dans le même domaine, il convient de signaler des travaux préparatoires pour la création de plantations de palmiers à huile.

4) Le tableau ci-dessus fait également ressortir la création de plantations industrielles de café, produit qui ne faisait l’objet que d’une culture familiale modeste. La production de ces plantations, exploitées en association par des Khmers et des étrangers, fera bientôt apparaître un nouveau poste très important dans l’agriculture au Cambodge (seulement 20 hectares en exploitation sur 336 hectares déjà plantés). Il convient de mentionner que cette culture a été fortement encouragée par le gouvernement dans le but essentiellement de faire face aux besoins de la consommation locale de café. L’un des meilleur café se trouve dans le Mondulkiri, dans les alentours de la ville de Sen monorom.

L’augmentation des rendements par unité de surface constitue l’objectif prioritaire des autorités responsables des destinées de l’agriculture khmère

Sur le plan purement agricole, la déficience la plus évidente de la production rurale actuelle réside dans l’insuffisance du rendement général des rizières qui ne rapportent pas en moyenne plus de 1,10 tonne de paddy à l’hectare.

Cette pauvreté des rendements tient à plusieurs causes : dégradation des sols, irrégularité des apports en eau, utilisation pour les semences de variétés rustiques très résistantes mais peu prolifiques, insuffisance de l’éducation agricole des cultivateurs… Les services techniques du gouvernement royal ont longuement analysé ces divers facteurs faisant obstacle à l’obtention de meilleurs résultats dans les campagnes et ont élaboré une politique agricole nettement définie en vue d’améliorer rapidement les mauvaises conditions existantes.

Il est difficile d’assigner un ordre de priorité aux actions envisagées tant chacune d’elles présente une importance essentielle. Dans cet ensemble de moyens à mettre simultanément en œuvre, on doit toutefois placer particulièrement l’accent sur la politique de l’eau, charnière vitale de l’économie cambodgienne, qui a toujours été très étroitement tributaire de ses sources d’approvisionnement en eau.

Des projets de grande envergure nécessitant des moyens techniques puissants, mais aussi quantité de petits ouvrages plus modestes pouvant souvent être réalisés par les seuls travaux manuels volontaires des fonctionnaires et de la population, doivent transformer rapidement la physionomie de nos campagnes pour satisfaire la première condition d’une élévation substantielle des rendements agricoles.

Les services techniques du ministère de l’agriculture ont d’autre part réussi à déterminer des programmes précis de valorisation des sols par des engrais et des fumures appropriées.

Il faut également souligner que des semences sélectionnées vont être mises à la disposition des cultivateurs cambodgiens.

De grands efforts doivent être consacrés à la vulgarisation de l’agriculture au Cambodge et au développement du coopératisme

Les actions sommairement décrites ci-dessus, ainsi que d’autres impulsions prévues par le gouvernement (perfectionnement des techniques culturales, amélioration des instruments aratoires, emploi des insecticides…), supposent un gros travail d’éducation de la masse paysanne.

L’Office royal de coopération, organisme public créé en 1956, constitue actuellement le meilleur outil pour la diffusion de nouvelles techniques plus efficaces dans les campagnes. Malgré des conditions de travail délicates dues à l’esprit foncièrement individualiste du Khmer, cet office connaît actuellement un succès incontesté. Son action, après avoir surtout réussi dans le domaine du crédit et de la consommation, progresse maintenant rapidement dans le domaine de la production, principalement par la diffusion d’une large assistance technique directement au niveau des cultivateurs. Des équipes d’agents d’encadrement, récemment mises à pied d’œuvre par l’Office royal de coopération, doivent contribuer par leur action de base à une expansion rapide de la production agricole.

Le coopératisme est appelé d’autre part à jouer un rôle essentiel dans le soutien économique des paysans khmers en les mettant à l’abri des découragements provoqués par les trop grandes variations des cours de leurs produits, le coût élevé de leurs approvisionnements, les charges prohibitives du crédit…

Les résultats obtenus dans ce domaine par le gouvernement royal sont déjà très brillants puisque le prix du paddy à la production est passé de l’indice 100 en 1959 à l’indice 159 en 1962, alors que, dans le même temps, l’indice général des prix à la consommation passait, pour la classe ouvrière, de 257 (base 100 = 1949) à 300. Pour préserver ces résultats et obtenir de nouvelles améliorations du sort de la population paysanne, l’extension progressive des coopératives s’impose comme un des objectifs permanents à conserver pour l’avenir.


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